Association Provence
Association Provence
Savoir-faire
Tradition
Contact

 

En France, sous l’ancien régime les “lois somptuaires” faisaient obligation à certaines personnes, y compris le clergé, de se vêtir plus ou moins luxueusement que d’autres. Après leur abolition en 1789, chacun ou chacune a pu s’habiller selon son goût et surtout sa bourse. C’est donc un costume de liberté qui naissait et à travers lui de nouvelles toilettes suivant les lieux géographiques, les classes, les métiers. C’est cette évolution du costume populaire provençal, de 1789 à 1880 environ, que voudrait vous transmettre cette présentation de vêtements miniaturisés.

Après les explications et les patrons contenus dans le livre technique de Simone et Estelle NOUGIERLou Vèsti Prouvençau” les auteurs ont concrétisé “Lou Vèsti Prouvençau Apichouni”.

Les costumes populaires provençaux ont évolué chacun de leur côté :

  • celui d’Arles porté sans interruption, pour certaines cérémonies, s’est modifié très lentement, très sagement au fil de la mode, des évènements et des ans jusqu’en 1925 où il s’est figé lui aussi.
  • la coiffe mise à part, celui du comté de Nice a reçu, ces dernières décennies, un apparat qui l’a détourné de sa condition première d’humble habit de travail ce qui est fort regrettable.

Le costume est un ensemble.
Les divers éléments d’un costume, d’une toilette ont une même fonction et ce n’est pas en enfilant une paire de mitaines en dentelle que l’on transformera un vêtement de travail en habit du dimanche.

Le costume signe un état.
Nos aïeules ne portaient pas les mêmes vêtements pour travailler, aller en visite ou en promenade.
Pour vaquer aux travaux quotidiens comme aux saisonniers, elles revêtaient des habits ordinaires voire usagés, car économes elles les usaient jusqu’à la corde. En assemblant de très petits morceaux d’étoffes, elles confectionnaient patiemment des jupons qu’elles piquaient à la main et dénommés “Pèço sus Pèço”.
Le costume de travail n’avait rien de spécifique pour telle ou telle tâche comme certaines voudraient le faire accroire en parlant de costumes dits : de moissons, de vendanges ou d’olivaisons.
Sous leur fichu couvrant leurs épaules, elles glissaient parfois un “susarèu”, mouchoir de toile blanche destiné à pomper la sueur. “Susarèu” employé et introduit en Provence par les femmes catalanes venues y travailler à la suite du mariage de DOUCE avec le Comte de Barcelone Raymond BERENGER le 3 février 1112. Elles apportèrent aussi la mode des chaussures lacées sur le pied et autour des chevilles sans oublier pour le Vaucluse cette coiffe qui porte le nom de “Catalane”.
Très coquettes, les tâches ménagères terminées, nos aïeules s’habillaient, disaient-elles “convenablement”. Elles ajustaient donc un corsage = caraco sur le corset pour ne pas rester en manches de chemise, un fichu, un tablier propre pour masquer la fente de la jupe, ordinaire ou habillée, qui était toujours sur le devant.
Parmi toutes ces pièces de vêtements trouvées au cours de leurs recherches certaines appartiennent à un terroir bien précis, d’autres sont utilisées dans toute la région et bien au delà : jupes piquées, chemises.
Par contre, la coiffe en Provence comme dans toutes les provinces françaises est l’élément le plus typique. Elle se différencie d’un village à l’autre par sa forme, un détail, sa dentelle, la façon de la porter signant ainsi la position sociale, l’âge.
La coiffe se pose sur des cheveux bien lissés en bandeaux, relevés en chignon bien positionnés sur l’arrière de la tête pour mettre en valeur le fond de celle-ci. De toile, de piqué, en jaconas pour le travail, la coiffe est plus élaborée pour les sorties. Dans la maison, comme au dehors, jamais une femme se serait autorisée à rester, le moindre instant, sans coiffe.

L’été, la femme posera sur la coiffe le chapeau de paille à large bord pour abriter son visage du soleil et donnera ainsi un regard plus profond à ses yeux. L'hiver, le grand chapeau de feutre mérinos noir “lou capèu à la berigoulo” la protègera du froid.

Le costume populaire porte une date :
Il présente la mode fin XVIIIe siècle au XIXe siècle:
Nos costumes traditionnels populaires s’eteindront d’abord dans les grandes villes, puis petit à petit dans les villages les plus reculés .
Cependant, en 1925, on voyait encore quelque grand-mères porter une simple coiffe de toile.

Haut de page